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Le courrierSalariés du privé · Lettre de réclamation

Prime non versée ou 13e mois impayé : quand l’employeur la doit, comment la réclamer par écrit, et dans quel délai

Une prime, un bonus ou un 13e mois est dû si le contrat, un accord, un usage ou un engagement écrit de l’employeur le prévoit. Cette source fixe montant, paiement et prorata au départ. Si l’employeur devait fixer seul les objectifs et ne l’a pas fait, la part variable prévue pour la période est due en entier. Le délai de réclamation est de 3 ans à compter du paiement dû (article L3245-1 du Code du travail).

Aller à l’outil : le courrier

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Quelle lettre envoyer pour réclamer votre prime ?

Indiquez la source de la prime, son montant brut, sa période, sa date de paiement et vos dates de présence : le courrier dit si elle est due, calcule le prorata mensuel quand sa méthode est confirmée par la source, date la prescription et rédige la lettre. L’exemple : un 13e mois de 3 600 € prévu au contrat, payable le 31 décembre 2025, pour un salarié parti le 30 septembre 2025.

Le montant plein prévu pour la période, avant prorata.

Exemple fictif · le courrier de réclamation

Prime due au prorata : 2 700,00 € brut pour 9 mois sur 12.

Montant saisi
3 600,00 €
Présence sur la période
9 mois sur 12
À réclamer
2 700,00 €
Délai pour agir
jusqu’au 31 décembre 2028
Votre lettre, prête à compléter

Lettre recommandée avec accusé de réception

[Vos nom et prénom][Votre adresse]

[Nom de l’employeur]Service des ressources humaines[Adresse de l’employeur]

À [ville], le [date]

ObjetRéclamation d’une prime de 2 700,00 € brut payable le 31 décembre 2025

Madame, Monsieur,

Selon mon contrat de travail, une prime de 3 600,00 € brut m’était due pour la période du 1er janvier 2025 au 31 décembre 2025, payable le 31 décembre 2025. Elle ne m’a pas été versée.

J’ai quitté l’entreprise le 30 septembre 2025, soit 9 mois de présence sur 12 ; mon contrat de travail prévoyant un versement au prorata, la somme due est de 2 700,00 € brut.

Je vous demande de me verser la somme de 2 700,00 € brut, avec un bulletin de paie rectifié, dans un délai de 15 jours à compter de la réception de ce courrier.

À défaut, je saisirai le conseil de prud’hommes ; l’action en paiement du salaire se prescrit par trois ans, soit jusqu’au 31 décembre 2028 (article L3245-1 du Code du travail).

Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.[Signature]

Pièces jointes : la clause ou le texte qui prévoit la prime ; les bulletins de paie de la période

Estimation indicative : le montant exact dépend de la clause, de l’accord ou de l’usage, et de vos bulletins de paie.

Que dit l’article L3245-1 du Code du travail sur le délai pour réclamer ?

Le délai de prescription des salaires, qui vaut pour une prime due.

L’action en paiement ou en répétition du salaire se prescrit par trois ans à compter du jour où celui qui l’exerce a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l’exercer. La demande peut porter sur les sommes dues au titre des trois dernières années à compter de ce jour ou, lorsque le contrat de travail est rompu, sur les sommes dues au titre des trois années précédant la rupture du contrat.

Code du travail, article L3245-1Version en vigueur au 27 septembre 2026 (en vigueur depuis le 17 juin 2013)Lire l’article sur Légifrance

Pour une prime payable à date fixe, le point de départ est cette date : un 13e mois dû le 31 décembre 2025 peut être réclamé jusqu’au 31 décembre 2028. La demande en justice, même en référé, interrompt le délai ; une lettre, même recommandée, ne l’interrompt pas (articles 2240 et 2241 du Code civil).

Fiche de synthèse : prime non versée, due si le contrat, un accord, un usage ou un engagement écrit la prévoit ; prorata au départ seulement si la source le prévoit ; bonus prévu pour la période dû en entier si l’employeur devait fixer seul les objectifs et ne l’a pas fait ; 3 ans pour la réclamer à compter de sa date de paiement.
Prime non versée : quand elle est due et comment la réclamer.

Quand une prime est-elle obligatoire pour l’employeur ?

La prime exige de retrouver le texte ou l’usage qui la prévoit et ses conditions. Si votre demande porte sur le salaire mensuel habituel, utilisez le recours pour salaire non versé.

L’employeur doit verser une prime ou une gratification quand le contrat de travail, une convention ou un accord collectif, un usage d’entreprise ou un engagement unilatéral écrit la prévoit. Un versement purement bénévole, décidé chaque fois sans règle ni régularité, ne se réclame pas (fiche F2301 ; article 1103 du Code civil).

Le nom ne décide rien : un « 13e mois » ne vaut pas forcément un mois de salaire, et un « bonus » peut être obligatoire. C’est la source qui fixe le montant, la période de référence, la date de paiement et les conditions, comme une présence à cette date.

Sources : Service-public F2301 · C. civ. 1103

Comment prouver qu’une prime est devenue un usage d’entreprise ?

Un usage suppose trois conditions réunies : la prime est versée à tout le personnel ou à une catégorie (généralité), à chaque échéance (constance), selon un montant ou un mode de calcul fixe (fixité). C’est au salarié de les établir (fiche F311 ; Cass. soc., 27 mai 1987, n° 82-42.115).

Les bulletins de paie de plusieurs années, les vôtres et ceux de collègues de la même catégorie, et les notes internes en sont les preuves habituelles. Pour supprimer un usage, l’employeur doit informer les représentants du personnel et chaque salarié par écrit, avec un délai de prévenance ; faute de quoi la prime reste due (fiche F311).

Sources : Service-public F311 · Cass. soc., 27 mai 1987

Avez-vous droit au prorata du 13e mois si vous partez avant son paiement ?

Seulement si le contrat, la convention collective, un accord ou un usage le prévoit : à défaut, le salarié qui quitte l’entreprise avant la date de versement n’a pas droit à une fraction du 13e mois (Cass., ass. plén., 5 mars 1993, n° 89-43.464).

Le prorata se calcule dans l’unité que fixe la source, le plus souvent le temps de présence : pour 9 mois sur 12, 3 600 € × 9 / 12 = 2 700 € brut. Lisez aussi la clause sur la présence à la date de paiement : si elle en fait une condition, le résultat change.

Source : Cass. ass. plén., 5 mars 1993

Que réclamer si l’employeur n’a jamais fixé vos objectifs ?

Quand la part variable dépend d’objectifs que l’employeur doit fixer seul et qu’il ne les a pas fixés, la rémunération variable est due en totalité ; le juge ne peut pas appliquer d’office les objectifs d’une année précédente (Cass. soc., 7 juin 2023, n° 21-23.232).

Des objectifs communiqués trop tard ou inopposables au salarié produisent le même effet : dans une affaire de 2020, la Cour a retenu le bonus maximal prévu par le plan (Cass. soc., 25 novembre 2020, n° 19-17.246). Chiffrez donc la part variable d’après le plan de rémunération lui-même.

Sources : Cass. soc., 7 juin 2023 · Cass. soc., 25 novembre 2020

Qui doit prouver que la prime a été payée, ou pas ?

Le salarié prouve que la prime est due : la clause, l’accord, l’engagement ou l’usage, et le respect de ses conditions. L’employeur qui se dit libéré doit prouver le paiement ; la seule remise d’un bulletin de paie ne suffit pas (article 1353 du Code civil ; Cass. soc., 16 juin 2021, n° 19-25.344).

Si la prime figure sur un reçu pour solde de tout compte que vous avez signé, ce reçu devient libératoire pour l’employeur, pour les sommes qu’il mentionne, 6 mois après sa signature : dénoncez-le par écrit avant (article L1234-20 du Code du travail).

Sources : C. civ. 1353 · Cass. soc., 16 juin 2021 · C. trav. L1234-20

Quelle source rend votre prime obligatoire, et que devez-vous montrer ?

La source décide si la prime est due, pour combien et jusqu’à quand ; c’est elle qu’il faut citer dans la lettre.

Les sources d’une prime obligatoire dans le secteur privé, d’après service-public.fr (fiches F2301 et F311) et le Code civil, au 27 septembre 2026
SourceCe qui la rend obligatoireCe que vous montrezRetrait par l’employeur
Contrat de travail ou avenantLa clause signée par les deux parties (article 1103 du Code civil)Le contrat et ses avenantsSeulement avec votre accord
Convention ou accord collectifLe texte applicable à l’entrepriseL’accord et l’identifiant de la convention sur votre bulletinPar révision ou dénonciation de l’accord, selon ses règles
Usage d’entrepriseGénéralité, constance et fixité réuniesLes versements des années passées, à vous et à votre catégorieInformation des représentants et de chaque salarié, avec un délai de prévenance
Engagement unilatéral écritLa note ou le courrier de l’employeur qui promet la primeCet écrit et ses conditionsDénonciation dans les mêmes formes qu’un usage
Gratification bénévoleRien : l’employeur décide à chaque foisRien à réclamer, sauf si elle est devenue un usageAucune obligation

Au départ de l’entreprise, le prorata ne s’applique que si l’une de ces sources le prévoit (Cass., ass. plén., 5 mars 1993).

Sources : Service-public F2301 · Service-public F311 · C. civ. 1103 · Cass. ass. plén., 5 mars 1993

Que se demandent les salariés qui attendent une prime ?

Une prime exceptionnelle versée une seule fois devient-elle obligatoire ?

Non : sans constance ni fixité, un versement isolé reste une libéralité et ne crée pas d’usage (fiche F311).

Faut-il réclamer la prime en brut ou en net ?

En brut, comme sur le bulletin de paie : les cotisations et le prélèvement à la source sont retenus au paiement. Demandez aussi un bulletin rectifié.

Peut-on saisir les prud’hommes sans avoir écrit à l’employeur ?

Oui : la réclamation écrite sert de preuve mais n’est pas obligatoire, et le conseil de prud’hommes peut être saisi directement, sans avocat (fiche F2360).

Faut-il payer pour réclamer une prime devant les prud’hommes ?

Une contribution pour l’aide juridique de 50 € est due par la partie qui saisit le conseil, sauf si elle bénéficie de l’aide juridictionnelle (article 1635 bis Q du Code général des impôts).

La lettre recommandée arrête-t-elle le délai de 3 ans ?

Non : la demande en justice, même en référé, et la reconnaissance du droit par l’employeur interrompent la prescription (articles 2240 et 2241 du Code civil).

Sur quels textes repose la réclamation d’une prime ?

  1. Code du travail, article L3245-1 (prescription de trois ans)Légifrance
  2. Code du travail, article L1234-20 (reçu pour solde de tout compte)Légifrance
  3. Code civil, article 2240 (reconnaissance du droit)Légifrance
  4. Code civil, article 2241 (demande en justice)Légifrance
  5. Code civil, article 1103 (force obligatoire du contrat)Légifrance
  6. Code civil, article 1353 (preuve du paiement)Légifrance
  7. Salaire, primes et avantages (fiche F2301)Service-public.fr · vérifiée le 1er juin 2026
  8. Qu’est-ce qu’un usage d’entreprise ? (fiche F311)Service-public.fr · vérifiée le 22 avril 2026
  9. Saisir le conseil de prud’hommes (fiche F2360)Service-public.fr
  10. Cour de cassation, chambre sociale, 27 mai 1987, n° 82-42.115 (usage)Légifrance
  11. Cour de cassation, assemblée plénière, 5 mars 1993, n° 89-43.464 (prorata du 13e mois)Légifrance
  12. Cour de cassation, chambre sociale, 7 juin 2023, n° 21-23.232 (objectifs non fixés)Légifrance
  13. Cour de cassation, chambre sociale, 25 novembre 2020, n° 19-17.246 (objectifs inopposables)Légifrance
  14. Cour de cassation, chambre sociale, 16 juin 2021, n° 19-25.344 (preuve du paiement)Légifrance
  15. Code général des impôts, article 1635 bis Q (contribution pour l’aide juridique de 50 €)Légifrance

Dernier contrôle des textes cités : 27 septembre 2026