Amendes, plaintes et justice · Tribunal administratif · urgence
Référé-suspension : faire suspendre une décision administrative avant le jugement
Le référé-suspension permet de demander au juge des référés du tribunal administratif de suspendre une décision administrative, même un refus, en attendant le jugement sur son annulation. Il faut deux conditions : une urgence, et un argument qui crée un doute sérieux sur la légalité de la décision (article L521-1 du Code de justice administrative). La demande se dépose dans une requête distincte, accompagnée de la copie de la requête en annulation.
- Urgence et doute sérieux, ensemble
- Requête en annulation déposée à part
- Case urgence sur Télérecours citoyens
- Textes officiels cités
- Sources vérifiées le
- Rédigé avec l’aide de l’IA, notre méthode
Information juridique générale accompagnée de références officielles et de contrôles datés. Ce n’est pas un conseil personnalisé : pour une décision qui vous engage, faites vérifier votre situation par un professionnel compétent.
Julie by AlphaDeep
Une décision de l’administration vous cause un préjudice immédiat : je peux vérifier avec vous l’urgence, le doute sérieux et les deux requêtes à déposer.
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Quelles sont les deux conditions d’un référé-suspension ?
Le juge des référés suspend une décision administrative si deux conditions sont réunies en même temps : l’urgence le justifie, et vous invoquez un argument propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision (article L521-1 du Code de justice administrative). Une seule condition ne suffit pas.
L’urgence se démontre par des faits : la fermeture d’un commerce, la perte d’un revenu, un départ forcé, des travaux qui vont commencer. Décrivez ce qui se passe concrètement et à quelle date, pièces à l’appui. Sans urgence, la demande peut être rejetée par une ordonnance motivée, sans audience (article L522-3). Contre un permis de construire, d’aménager ou de démolir, l’urgence est présumée (article L600-3 du Code de l’urbanisme).
Le doute sérieux vient d’un moyen précis : une autorité incompétente, une procédure non respectée, une erreur sur les faits, une règle mal appliquée. Le juge ne tranche pas le fond : il vérifie si l’argument, en l’état du dossier, fait douter de la légalité. Selon le Conseil d’État (rapport public 2026), les tribunaux administratifs ont enregistré 33 037 demandes de référé-suspension en 2025.
Code de justice administrative : article L521-1Code de justice administrative : article L522-3Code de l’urbanisme : article L600-3Litige avec l’administration : référé-suspension (fiche F2549)
Faut-il aussi déposer une requête en annulation, et dans quel délai ?
Oui : le référé-suspension n’existe qu’à côté d’une requête en annulation (ou en réformation) de la même décision, et cette requête au fond doit être déposée dans les 2 mois qui suivent la notification ou la publication de la décision (article R421-1 du Code de justice administrative).
Les deux demandes sont deux requêtes distinctes. À peine d’irrecevabilité, la demande de suspension est présentée à part et accompagnée d’une copie de la requête en annulation (article R522-1). Déposez donc la requête au fond avant la demande de suspension, ou en même temps. La suspension, si elle est accordée, prend fin au plus tard quand le tribunal juge la requête en annulation (article L521-1).
Le délai de 2 mois ne court que si la notification de la décision mentionnait ce délai et les voies de recours (article R421-5). Relisez le bas de la décision ou le courrier qui l’accompagne : c’est là que figurent ces mentions.
Code de justice administrative : article R522-1Code de justice administrative : article R421-1Code de justice administrative : article R421-5Code de justice administrative : article L521-1

Votre demande est-elle prête à être déposée ?
Répondez à neuf questions sur la décision et votre situation : la fiche indique le référé adapté, les deux requêtes, la date limite indicative et les pièces. Elle ne dit pas ce que le juge décidera.
Exemple fictif · Votre fiche de dépôt
Les deux conditions de l’article L521-1 sont indiquées : vous pouvez préparer deux requêtes distinctes, la requête en annulation et la demande de suspension accompagnée de sa copie (article R522-1). Sans demande d’argent, l’avocat n’est en principe pas obligatoire (articles R522-5 et R431-2).
- Conditions de l’article L521-1 indiquées
- 2 sur 2
- Date limite indicative de la requête en annulation
- 2026-12-19
- Avocat
- En principe non obligatoire (articles R522-5 et R431-2)
- Rédiger la requête en annulation : la décision attaquée, les faits, les illégalités, et la déposer au plus tard le 2026-12-19.
- Rédiger une demande de suspension distincte qui expose les faits, l’urgence et le doute sérieux, avec la copie de la requête en annulation (article R522-1).
- Sur Télérecours citoyens, cocher la case qui signale l’urgence (article R414-6) et joindre les pièces en fichiers séparés.
- Joindre la décision, sa notification et les preuves de l’urgence : chiffre d’affaires perdu, courriers, photos, dates des travaux.
Cette fiche applique les articles L521-1 à L521-3, R522-1, R421-1, R421-5, R431-2 et R414-6 du Code de justice administrative à vos réponses. Elle n’évalue ni l’urgence ni le doute sérieux à la place du juge.
Comment déposer la demande sur Télérecours citoyens ?
Sur Télérecours citoyens, une personne qui n’a pas d’avocat dépose elle-même sa requête en ligne, puis tous ses mémoires et pièces par le même service (article R414-2 du Code de justice administrative). Déposez deux requêtes : la requête en annulation, puis la demande de suspension avec la copie de la première.
Lors du dépôt de la demande de suspension, remplissez la case prévue pour signaler que le juge doit statuer dans un délai contraint (article R414-6). Sinon la requête risque d’être traitée comme une affaire ordinaire. Le dépôt papier reste possible : au greffe du tribunal administratif, ou par lettre recommandée avec accusé de réception, en écrivant « Référé » sur l’enveloppe (service-public.fr, fiche F2549).
Selon le Conseil d’État (rapport public 2026), 55 521 recours ont été déposés sur Télérecours citoyens en 2025, sur 305 518 recours déposés en ligne devant la juridiction administrative.
Code de justice administrative : article R414-2Code de justice administrative : article R414-6Litige avec l’administration : référé-suspension (fiche F2549)Rapport public 2026 : activité juridictionnelle 2025
Référé-suspension, référé-liberté ou référé mesures utiles : lequel choisir ?
| Référé | Quand l’utiliser | Conditions | Délai du juge | Recours contre l’ordonnance |
|---|---|---|---|---|
| Référé-suspension (L521-1) | Bloquer une décision, même un refus, en attendant le jugement sur son annulation | Urgence et doute sérieux sur la légalité, requête en annulation déposée à part | Dans les meilleurs délais, en pratique de 48 heures à 1 mois après l’audience | Pourvoi en cassation devant le Conseil d’État sous 15 jours |
| Référé-liberté (L521-2) | Faire cesser une atteinte à une liberté fondamentale par une autorité publique | Urgence et atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale | 48 heures | Appel devant le Conseil d’État sous 15 jours, jugé en 48 heures |
| Référé mesures utiles (L521-3) | Obtenir une mesure pratique (communication d’un document, expulsion du domaine public), même sans décision préalable | Urgence et utilité de la mesure, sans faire obstacle à une décision administrative | Dans les meilleurs délais | Pourvoi en cassation devant le Conseil d’État sous 15 jours |
| Suspension d’un permis de construire (L600-3 C. urb.) | Arrêter un permis de construire, d’aménager ou de démolir accordé à un tiers | Urgence présumée, doute sérieux à démontrer, recours au fond engagé | 1 mois si la demande ne vient pas de l’État, de la commune ou de l’intercommunalité | Pourvoi en cassation devant le Conseil d’État sous 15 jours |
La suspension d’un permis ne peut plus être demandée après l’expiration du délai fixé pour invoquer de nouveaux moyens au fond (article L600-3 du Code de l’urbanisme).
Code de justice administrative : article L521-1Code de justice administrative : article L521-2Code de justice administrative : article L521-3Code de l’urbanisme : article L600-3Code de justice administrative : article L523-1Code de justice administrative : article R523-1Litige avec l’administration : référé-suspension (fiche F2549)
Combien de référés-suspensions les tribunaux administratifs reçoivent-ils ?
Chiffres de la juridiction administrative publiés par le Conseil d’État en mai 2026.
- Demandes de référé-suspension enregistrées par les tribunaux administratifs
- 33 037
- 2025 · Conseil d’État, rapport public 2026
- Demandes de référé-suspension enregistrées l’année précédente
- 23 726
- 2024 · Conseil d’État, rapport public 2026
- Référés-libertés enregistrés par les tribunaux administratifs
- 11 449
- 2025 · Conseil d’État, rapport public 2026
- Recours déposés sur Télérecours citoyens (sur 305 518 recours déposés en ligne)
- 55 521
- 2025 · Conseil d’État, rapport public 2026
- Pourvois enregistrés au Conseil d’État contre des ordonnances de référé-suspension
- 830
- 2025 · Conseil d’État, rapport public 2026
En combien de temps le juge des référés statue-t-il ?
Aucun délai fixe n’encadre le référé-suspension : le juge des référés se prononce « dans les meilleurs délais » (article L511-1 du Code de justice administrative). En pratique, il statue entre 48 heures et 1 mois après l’audience, parfois plus si l’affaire est complexe (service-public.fr, fiche F2549).
Le juge informe les parties sans délai de la date et de l’heure de l’audience publique (article L522-1). Préparez-vous à expliquer l’urgence à l’oral, avec les pièces déjà versées. Deux régimes vont plus vite ou ont un délai écrit : le référé-liberté, jugé en 48 heures (article L521-2), et la suspension d’un permis de construire ou d’aménager demandée par un particulier, une entreprise ou une association, jugée en 1 mois (article L600-3 du Code de l’urbanisme).
Si la suspension est accordée, la décision n’est plus exécutée jusqu’au jugement de la requête en annulation, au plus tard (article L521-1). Le tribunal doit alors juger cette requête dans les meilleurs délais.
Code de justice administrative : article L511-1Litige avec l’administration : référé-suspension (fiche F2549)Code de justice administrative : article L522-1Code de justice administrative : article L521-2Code de l’urbanisme : article L600-3Code de justice administrative : article L521-1
Que faire si la demande de suspension est rejetée ?
Si la suspension est refusée, l’ordonnance ne peut pas faire l’objet d’un appel : seul un pourvoi en cassation devant le Conseil d’État est possible, dans les 15 jours qui suivent sa notification (articles L523-1 et R523-1 du Code de justice administrative), avec un avocat au Conseil d’État.
Si le juge a rejeté la demande faute de doute sérieux, vous devez confirmer votre requête en annulation dans le délai de 1 mois à compter de la notification du rejet. Sans cette confirmation, vous êtes réputé vous être désisté de la requête au fond, sauf si vous formez un pourvoi en cassation (article R612-5-2). La notification de l’ordonnance de rejet rappelle ce délai de 1 mois : notez la date de réception.
Selon le Conseil d’État (rapport public 2026), 830 pourvois contre des ordonnances de référé-suspension ont été enregistrés en 2025.
Code de justice administrative : article L523-1Code de justice administrative : article R523-1Litige avec l’administration : référé-suspension (fiche F2549)Code de justice administrative : article R612-5-2Rapport public 2026 : activité juridictionnelle 2025
Que dit l’article L521-1 du Code de justice administrative ?
Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.
Lorsque la suspension est prononcée, il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu'il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision.
En clair : Le juge des référés peut suspendre une décision administrative, même un refus, si vous l’attaquez au fond, si l’urgence le justifie et si un argument fait sérieusement douter de sa légalité. La suspension dure au plus jusqu’au jugement sur l’annulation, qui doit intervenir rapidement.
La demande de suspension se dépose dans une requête distincte, avec la copie de la requête en annulation (article R522-1).
Que faut-il encore savoir avant de saisir le juge des référés administratif ?
Faut-il un avocat devant le juge des référés du tribunal administratif ?
Devant le juge des référés du tribunal administratif, l’avocat n’est pas obligatoire pour un référé-liberté. Pour un référé-suspension, il ne l’est pas non plus lorsque le litige au fond en dispense (article R522-5), c’est-à-dire dans la plupart des cas : au tribunal administratif, l’avocat n’est imposé que pour une demande de paiement d’une somme ou un litige de contrat (article R431-2), sous les exceptions de l’article R431-3.
Code de justice administrative : article R522-5Code de justice administrative : article R431-2Code de justice administrative : article R431-3
Le référé-suspension coûte-t-il quelque chose ?
Le référé-suspension est en principe gratuit : aucun droit n’est dû pour saisir le tribunal administratif (service-public.fr, fiche F2549). Le coût réel vient des honoraires d’avocat si vous en prenez un, qui peuvent être couverts par l’aide juridictionnelle. Vous pouvez aussi demander au tribunal de condamner l’administration à vous rembourser vos frais.
Litige avec l’administration : référé-suspension (fiche F2549)
Peut-on faire suspendre le permis de construire accordé à un voisin ?
Oui, un voisin peut demander la suspension du permis de construire accordé à un tiers, à condition d’avoir déposé une requête en annulation. L’urgence est présumée et, pour une demande d’un particulier ou d’une association, le juge statue en 1 mois (article L600-3 du Code de l’urbanisme). Il faut encore un doute sérieux sur la légalité du permis, et agir avant la date limite pour soulever de nouveaux moyens au fond.
La suspension d’un refus oblige-t-elle l’administration à accepter ?
Non, la suspension d’un refus n’oblige pas l’administration à dire oui. Elle annule provisoirement les effets du refus : vous pouvez demander en même temps au juge d’ordonner à l’administration de réexaminer votre demande ou, selon le cas, de vous délivrer l’autorisation à titre provisoire (service-public.fr, fiche F2549 ; article L521-1).
Litige avec l’administration : référé-suspension (fiche F2549)Code de justice administrative : article L521-1
Que se passe-t-il si la décision a déjà été entièrement exécutée ?
Une décision déjà entièrement exécutée ne peut plus être suspendue : la demande de référé-suspension est rejetée faute d’urgence (service-public.fr, fiche F2549), car l’article L521-1 vise l’exécution de la décision ou ceux de ses effets qui restent à venir. La requête en annulation reste possible dans le délai de 2 mois, et un référé mesures utiles peut répondre à un besoin pratique (article L521-3).
Litige avec l’administration : référé-suspension (fiche F2549)Code de justice administrative : article L521-1Code de justice administrative : article R421-1Code de justice administrative : article L521-3
Sur quels textes repose le référé-suspension ?
- Code de justice administrative : article L521-1République française / DILA : Légifrance
- Code de justice administrative : article L522-3République française / DILA : Légifrance
- Code de l’urbanisme : article L600-3République française / DILA : Légifrance
- Litige avec l’administration : référé-suspension (fiche F2549)République française / DILA : service-public.fr
- Code de justice administrative : article R522-1République française / DILA : Légifrance
- Code de justice administrative : article R421-1République française / DILA : Légifrance
- Code de justice administrative : article R421-5République française / DILA : Légifrance
- Code de justice administrative : article R414-2République française / DILA : Légifrance
- Code de justice administrative : article R414-6République française / DILA : Légifrance
- Rapport public 2026 : activité juridictionnelle 2025Conseil d’État
- Code de justice administrative : article L521-2République française / DILA : Légifrance
- Code de justice administrative : article L521-3République française / DILA : Légifrance
- Code de justice administrative : article L523-1République française / DILA : Légifrance
- Code de justice administrative : article R523-1République française / DILA : Légifrance
- Code de justice administrative : article L511-1République française / DILA : Légifrance
- Code de justice administrative : article L522-1République française / DILA : Légifrance
- Code de justice administrative : article R612-5-2République française / DILA : Légifrance
- Code de justice administrative : article R522-5République française / DILA : Légifrance
- Code de justice administrative : article R431-2République française / DILA : Légifrance
- Code de justice administrative : article R431-3République française / DILA : Légifrance
Dernier contrôle des textes cités : 30 octobre 2026