Triage · recours contre une OQTF
OQTF : quel recours, dans quel délai, selon votre situation
Depuis la réforme du 15 juillet 2024, le délai pour contester une OQTF devant le tribunal administratif dépend de votre situation, pas du type d’arrêté : 1 mois si vous êtes libre — même si l’OQTF est « sans délai de départ volontaire » —, 7 jours si vous êtes assigné à résidence ou détenu, 48 heures si vous êtes placé en centre de rétention. Le recours est suspensif : aucun éloignement ne peut avoir lieu avant la décision du juge (article L722-7 du CESEDA).
Vérifié au 26/08/2026 · sources Légifrance et service-public.fr · information juridique générale, pas une consultation
Votre délai : deux questions suffisent
Depuis le 15 juillet 2024, c’est votre situation au moment du recours qui fixe le délai — la mention de l’arrêté ne change plus le délai pour une personne libre. Répondez aux deux questions : votre ligne s’allume dans la table, avec la juridiction et la liste des pièces. Rien n’est enregistré ni envoyé.
En rétention ou tout juste notifié « sans délai » ? Ne calculez pas : agissez aujourd’hui. Le délai de 48 heures se compte d’heure en heure, week-end compris. Une permanence d’avocats existe dans chaque centre de rétention et l’aide juridictionnelle peut être demandée à l’audience.
Choisissez la mention portée sur votre arrêté et votre situation : votre délai, la juridiction et la liste des pièces s’affichent ici.
| Votre situation | Délai de recours | Formation | Jugement | Base légale |
|---|---|---|---|---|
| Libre — avec ou sans délai de départ volontaire | 1 mois | Collégiale | 6 mois | L614-1 + L911-1 |
| Assigné(e) à résidence | 7 jours | Juge unique | 15 jours | L614-2 + L921-1 |
| En rétention (CRA) | 48 heures | Juge unique | 96 heures | L614-2 + L921-2 |
| En détention | 7 jours | Juge unique | 15 jours | L614-3 + L921-1 |
| Placé en rétention pendant l’instance | recours déjà déposé | Juge unique | 144 heures | L921-4 |
Avant / après la réforme du 15 juillet 2024
La loi du 26 janvier 2024 (art. 72) a remplacé une douzaine de procédures par trois. Beaucoup de pages — et de réponses d’IA — citent encore l’ancien régime : vérifiez toujours la date de ce que vous lisez.
| Cas | Avant (jusqu’au 14/07/2024) | Depuis le 15/07/2024 |
|---|---|---|
| OQTF avec délai de départ volontaire, libre | 30 jours | 1 mois (collégiale, jugement 6 mois) |
| OQTF sans délai de départ volontaire, libre | 48 heures | 1 mois — le grand changement |
| Assignation à résidence | 15 jours (selon les cas) | 7 jours (juge unique) |
| Rétention (CRA) | 48 heures | 48 heures (jugement 96 h) |
Les trois réflexes
Notification, preuve, requête : ce qui décide du dossier
Tout part de la notification
Le délai court à compter de la notification de l’arrêté : remise en main propre contre signature, ou lettre recommandée. Conservez l’enveloppe, l’avis de passage, le procès-verbal : la preuve de la date de notification est le premier terrain de discussion devant le juge.
Lisez le dispositif de l’arrêté
L’arrêté peut contenir plusieurs décisions : refus de séjour, OQTF, suppression du délai de départ, pays de renvoi, interdiction de retour (IRTF), assignation. Toutes peuvent être contestées dans la même requête (art. L614-1 et L614-4) — et chacune a ses propres moyens d’annulation.
Un recours gracieux ne protège pas
Écrire à la préfecture pour demander le réexamen n’interrompt pas le délai de recours contentieux contre l’OQTF. La seule démarche qui protège, c’est la requête au tribunal administratif dans le délai. Le réexamen peut se tenter en parallèle, jamais à la place.
Questions voisines
Ce que l’OQTF change en pratique, au-delà du délai
- Travailler : l’OQTF retire le droit de se maintenir sur le territoire, et avec lui la possibilité de travailler régulièrement. Une embauche ne « couvre » pas une OQTF ; en revanche, une promesse d’embauche peut nourrir une demande ultérieure de régularisation.
- Après un rejet de la CNDA : l’OQTF qui suit se conteste selon les mêmes règles de situation (1 mois libre, 48 h en rétention). Les moyens tirés du droit d’asile ne peuvent plus être rejoués, mais la vie privée et familiale, l’état de santé ou l’intérêt supérieur d’un enfant restent des moyens recevables.
- L’IRTF (interdiction de retour) : elle se conteste dans le même délai et la même requête que l’OQTF. Non contestée, elle est signalée au système d’information Schengen et bloque tout retour régulier pendant sa durée.
- OQTF non exécutée : elle reste exécutoire et pèse sur toute demande future (visa, titre, naturalisation). Un refus de visa ultérieur motivé par une ancienne OQTF non exécutée est un contentieux fréquent.
- Si le tribunal annule l’OQTF : les mesures de surveillance tombent et la préfecture doit réexaminer votre situation, avec délivrance d’une autorisation provisoire de séjour le temps du réexamen.
Aide et coût
Combien ça coûte, et qui peut aider
Le recours devant le tribunal administratif est gratuit : il n’y a ni timbre ni frais de greffe pour contester une OQTF. Le vrai coût est celui de l’avocat — et il existe trois amortisseurs. L’aide juridictionnelle d’abord : pour 2026, elle est totale jusqu’à 12 957 € de revenu de référence et partielle jusqu’à 19 433 € ; la demande peut être faite avec la requête. En rétention ensuite, un avocat de permanence intervient à l’audience, et un interprète est prévu si besoin. Enfin, les permanences associatives (La Cimade et d’autres) et les points d’accès au droit renseignent gratuitement.
Les chiffres publics aident à garder la tête froide : au premier semestre 2025, 69 888 OQTF ont été prononcées et 7 426 exécutées, soit un taux d’exécution d’environ 10,6 % (rapport du Sénat sur le projet de loi de finances 2026). Une OQTF est une décision grave, mais elle se conteste, et le juge administratif en annule une partie chaque année — d’où l’importance de la requête, de ses moyens et de ses pièces.
Les textes cités
- CESEDA, art. L614-1 (procédure de contestation de l’OQTF) — Légifrance — Version en vigueur depuis le 15 juillet 2024, issue de la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 (art. 72).
- Loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024, article 72 — Légifrance — Crée les procédures à 1 mois (L911-1), 7 jours (L921-1) et 48 heures (L921-2), et les passerelles L921-3 / L921-4.
- Décret n° 2024-799 du 2 juillet 2024 — Légifrance — Application de la réforme du contentieux des étrangers, en vigueur le 15 juillet 2024.
- CESEDA, art. L722-7 (caractère suspensif) — Légifrance — Aucun éloignement avant l’expiration du délai de recours ni, si le tribunal est saisi, avant sa décision.
- Service-public.fr — fiche OQTF (F18362) — Fiche officielle, vérifiée le 13 novembre 2024 : le recours gracieux ne prolonge pas le délai contentieux.
- Sénat — rapport sur le PLF 2026, mission Immigration, asile et intégration — Premier semestre 2025 : 69 888 OQTF prononcées, 7 426 exécutées (10,6 %).
Questions fréquentes
Comment cette page a été produite
- Corpus consulté
- Légifrance (CESEDA dans sa rédaction issue de la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 et du décret n° 2024-799 du 2 juillet 2024, texte en vigueur au 26 août 2026), service-public.fr, rapport du Sénat PLF 2026
- Méthode
- Rédaction assistée par IA, vérifiée article par article contre les sources primaires avant publication. Les délais cités sont ceux applicables aux décisions notifiées à partir du 15 juillet 2024.
- Responsabilité éditoriale
- Responsable de la publication : AlphaDeep
- Dernière vérification
- 26/08/2026
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