Recouvrement · courrier reçu
J’ai reçu un courrier d’huissier : vrai acte, société de recouvrement ou arnaque ?
Un courrier de recouvrement peut venir de trois expéditeurs très différents. Un acte de commissaire de justice porte les mentions de l’article 648 du code de procédure civile et vous est remis ou signifié. Une lettre de société de recouvrement ne vous oblige à rien et ses frais restent à la charge du créancier. Avant tout paiement, cherchez l’étude dans l’annuaire de la CNCJ et vérifiez l’IBAN sur Verifiban.
Vérifié au 08/08/2026 · sources Légifrance et service-public.fr · information juridique générale, pas une consultation
Les cinq vérifications, de la moins coûteuse à la plus engageante
Prenez le document en main et descendez la liste dans l’ordre. Les deux premières se font en regardant la feuille, la troisième prend deux minutes et un appel, les deux dernières demandent d’écrire. La plupart des courriers se rangent dès la deuxième. Aucune de ces vérifications ne dit si vous devez la somme : elles disent qui vous écrit et avec quels pouvoirs.
- 01
Comment ce document vous est-il arrivé ?
Remis en main propre, avis de passage laissé dans la boîte, courrier posté sous enveloppe, e-mail ou SMS, ou feuille déposée sans enveloppe ni affranchissement. Le code prévoit que la signification est faite sur support papier ou par voie électronique, et l’acte décrit lui-même son mode de délivrance. Trente secondes suffisent pour répondre.
Article 653 du code de procédure civile
- 02
Porte-t-il les mentions obligatoires d’un acte ?
La date, l’identité complète du requérant, les nom, prénoms, demeure et signature du professionnel, et, si l’acte doit être signifié, les nom et domicile du destinataire. Le texte se termine par une phrase que les faux ne connaissent pas : ces mentions sont prescrites à peine de nullité. Deux minutes de lecture, ligne par ligne.
Article 648 du code de procédure civile
- 03
L’étude existe-t-elle, et son IBAN est-il le bon ?
Cherchez le nom de l’étude et celui du professionnel signataire dans l’annuaire national tenu par la Chambre nationale des commissaires de justice, sur commissaire-justice.fr. Puis rappelez l’étude sur le numéro de l’annuaire, jamais sur celui imprimé dans le courrier. Avant tout virement, contrôlez l’IBAN sur Verifiban, le service public et gratuit de la CNCJ, à partir du nom de l’étude, de l’IBAN et du libellé du compte. Comptez cinq minutes.
- 04
Un titre exécutoire est-il cité, avec sa date et son auteur ?
La liste des titres exécutoires est fermée par le code : décisions de justice exécutoires, actes notariés revêtus de la formule exécutoire, titre délivré par le commissaire de justice en cas de non-paiement d’un chèque ou en cas d’accord entre créancier et débiteur, titres délivrés par les personnes morales de droit public qualifiés comme tels par la loi, et quelques autres. Une lettre de relance n’y figure pas. Une mise en demeure non plus.
Article L111-3 du code des procédures civiles d’exécution
- 05
Les sommes réclamées sont-elles présentées comme la loi l’exige ?
Le principal, les intérêts et les accessoires doivent être distingués, pas noyés dans un total unique. Une lettre de société de recouvrement doit en plus porter cinq mentions précises, dont la reproduction des alinéas de l’article L111-8 sur les frais. Les tarifs d’un commissaire de justice, eux, sont réglementés et publiés aux articles A444-11 à A444-33 du code de commerce.
Articles L111-8 et R124-4 du code des procédures civiles d’exécution
Il vous manque la vérification qui décide de tout : l’étude et le professionnel signataire figurent-ils à l’annuaire de la Chambre nationale des commissaires de justice, et le numéro de l’annuaire est-il bien celui du courrier ? Elle prend deux minutes, elle est gratuite, et elle arrête à elle seule la majorité des arnaques. Faites-la avant tout paiement.
Quel que soit le résultat, écrivez avant de payer : demandez par lettre recommandée avec avis de réception la copie du titre exécutoire qui fonde la créance, en précisant la juridiction ou l’autorité qui l’a délivré et sa date, ainsi que le décompte détaillé distinguant le principal, les intérêts et les accessoires.
Le bon tri
Trois expéditeurs, trois pouvoirs, et un mot qui ne prouve rien
La plupart des pages sur le sujet posent la question en deux cases : vrai huissier ou escroc. C’est le mauvais tri, et c’est le tri qui coûte le plus cher. Le cas le plus fréquent est le troisième : une lettre parfaitement légale, envoyée par une société de recouvrement qui n’a aucun pouvoir de contrainte, et que l’on paie en croyant avoir affaire à un officier public et ministériel. Commencez donc par identifier qui vous écrit.
- Le commissaire de justice est un officier public et ministériel. Il signifie les actes, il exécute les décisions de justice, il procède aux ventes aux enchères, et il peut aussi faire du recouvrement amiable. C’est le seul des trois qui peut, un jour, saisir quelque chose, et seulement s’il détient un titre exécutoire.
- La société de recouvrement est une entreprise privée mandatée par votre créancier. Elle écrit, elle relance, elle téléphone. Elle ne peut ni saisir, ni faire expulser, ni engager la moindre mesure d’exécution. Le chapitre du code qui la régit exclut expressément de son champ ceux qui recouvrent au titre de leur statut professionnel : elle et un commissaire de justice ne relèvent donc pas du même régime (article R124-1 du code des procédures civiles d’exécution).
- Surtout, elle ne peut pas vous facturer les frais qu’elle engage. Les frais de recouvrement entrepris sans titre exécutoire restent à la charge du créancier, et toute stipulation contraire est réputée non écrite. Une seule réserve existe : le créancier qui justifie du caractère nécessaire de ses démarches peut demander au juge de l’exécution de laisser tout ou partie de ces frais à la charge d’un débiteur de mauvaise foi. Ce n’est donc pas la société qui décide, c’est un juge (article L111-8 du même code).
- L’escroc, lui, copie le vocabulaire des deux premiers. Il n’a ni étude, ni mandat, et son objectif tient en une ligne : obtenir un virement avant que vous ayez le temps de vérifier. L’usage sans droit d’un titre attaché à une profession réglementée par l’autorité publique est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende (article 433-17 du code pénal).
- Enfin, le mot « huissier » dans un nom commercial ne prouve rien. N’importe quelle société peut déposer un nom qui le contient : ce n’est ni un agrément, ni une garantie, ni une preuve d’inscription. La seule vérification qui fait foi est la présence de l’étude et du professionnel signataire dans l’annuaire national de la Chambre nationale des commissaires de justice.
- Depuis le 1er juillet 2022, huissiers de justice et commissaires-priseurs judiciaires forment une seule profession, celle de commissaire de justice, et une période transitoire permettait à ceux qui ne remplissaient pas les conditions de formation de conserver leur ancien titre. Depuis le 1er juillet 2026, les professionnels en exercice qui ne satisfont pas à cette formation spécifique cessent d’exercer (article 25 de l’ordonnance n° 2016-728 du 2 juin 2016). La nuance que le web ne fait pas : le code de procédure civile, lui, emploie toujours l’expression « huissier de justice » dans le texte de l’article 648. Lire ces mots dans le corps d’un acte n’est donc pas un signal d’alerte. Ce qui compte, c’est que la personne nommée figure aujourd’hui à l’annuaire.
Vérification 2
Les mentions de l’article 648, ligne par ligne
Le code fixe une liste courte de mentions que tout acte de commissaire de justice doit porter. Elle se contrôle sur la feuille, sans rien demander à personne. Prenez un crayon et cochez.
- La date de l’acte.
- L’identité complète du requérant, c’est-à-dire de celui pour le compte de qui l’acte est délivré. S’il s’agit d’une personne physique : ses nom, prénoms, profession, domicile, nationalité, date et lieu de naissance. S’il s’agit d’une personne morale : sa forme, sa dénomination, son siège social et l’organe qui la représente légalement.
- Les nom, prénoms, demeure et signature du professionnel.
- Si l’acte doit être signifié : les nom et domicile du destinataire, ou, pour une personne morale, sa dénomination et son siège social.
- Le texte se termine par une phrase que les faux ne reprennent presque jamais : « Ces mentions sont prescrites à peine de nullité. »
- Ce qui manque le plus souvent sur un faux : la signature ; la demeure exacte de l’étude, remplacée par une boîte postale ou une adresse générique ; et l’identité complète du requérant, un faux écrivant « votre créancier » ou une simple marque là où un acte écrit une forme sociale, une dénomination et un siège.
- Le contresens le plus répandu du web, et il envoie droit dans le mur : une mention manquante n’annule pas l’acte toute seule. Un acte de procédure ne peut être déclaré nul pour vice de forme que si la nullité est prévue par la loi, ou en cas d’inobservation d’une formalité substantielle ou d’ordre public. Et dans tous les cas, la nullité ne peut être prononcée qu’à charge, pour celui qui l’invoque, de prouver le grief que l’irrégularité lui cause, même s’il s’agit d’une formalité substantielle ou d’ordre public (article 114 du code de procédure civile). Autrement dit : une mention absente est un argument qui se plaide, pas un interrupteur qui s’actionne.
Vérification 5
Les sommes réclamées : ce que la loi impose au courrier
Un courrier qui réclame de l’argent est soumis à des règles de forme sur les sommes elles-mêmes. C’est souvent là que la lettre de recouvrement se trahit, sans être pour autant un faux.
- Sans titre exécutoire, les frais de recouvrement restent à la charge du créancier, et toute stipulation contraire est réputée non écrite (article L111-8 du code des procédures civiles d’exécution). Des « frais de dossier » ou des « frais de relance » ajoutés au montant réclamé par une société de recouvrement sont donc à contester par écrit.
- La lettre d’une société de recouvrement doit contenir cinq mentions : ses nom ou dénomination sociale, son adresse ou son siège et l’indication qu’elle exerce une activité de recouvrement amiable ; les nom ou dénomination sociale du créancier et son adresse ou siège ; le fondement et le montant de la somme due en principal, intérêts et autres accessoires, en distinguant les différents éléments de la dette, à l’exclusion des frais qui restent à la charge du créancier ; l’indication d’avoir à payer et les modalités de paiement ; la reproduction des alinéas de l’article L111-8 relatifs aux frais (article R124-4 du même code).
- Les références et la date de cette lettre doivent être rappelées dans toute correspondance ultérieure. Une relance qui ne rattache plus rien à un premier courrier identifiable est un signal de désordre, au minimum.
- Les tarifs d’un vrai commissaire de justice sont réglementés et publiés aux articles A444-11 à A444-33 du code de commerce. Un professionnel authentique ne fixe pas librement le coût d’un acte. Nous ne publions ici aucun montant : les tarifs se lisent article par article, sur le texte à jour.
- Le décompte enfin : principal, intérêts et accessoires doivent être distingués. Un total unique, sans ventilation, est en soi un motif suffisant pour demander le détail avant de payer.
Ce qui doit vous arrêter
Les signaux d’alerte les plus fréquents
Aucun de ces signaux ne prouve à lui seul une escroquerie, mais chacun justifie de s’arrêter et de vérifier l’étude avant tout paiement.
- Un lien de paiement, un QR code, ou un IBAN transmis par SMS ou par e-mail, en dehors de tout document signé.
- Un ultimatum à 24 ou 48 heures, avec menace de saisie immédiate. En phase amiable, le professionnel ne peut pas vous menacer d’une saisie.
- Une dette dont vous n’avez jamais entendu parler, sans nom de créancier identifiable, sans référence de contrat, sans date.
- Un document sans enveloppe, pas affranchi, qui est visiblement une photocopie.
- Un compte bancaire domicilié à l’étranger, ou un titulaire de compte dont le nom ne correspond pas à celui de l’étude. Ce sont les deux cas que Verifiban détecte le plus vite.
- Un e-mail au nom du Trésor public ou de l’ANTAI, relayé par un « huissier » qui vous demande de régulariser en ligne.
Après le diagnostic
Les gestes dans l’ordre, dans les deux cas
Le champ s’arrête à « c’est un faux, voici quoi faire ». Or la moitié des gens qui lisent cette page tiennent un acte authentique, et pour eux le pire geste est de ne rien faire : c’est le silence qui transforme une réclamation en mesure d’exécution.
- Si c’est un faux, geste 1 : ne payez rien, ne cliquez sur rien, et ne rappelez pas le numéro imprimé sur le courrier.
- Si c’est un faux, geste 2 : conservez l’original, l’enveloppe, les SMS et les e-mails, en l’état, sans les transférer ni les annoter.
- Si c’est un faux, geste 3 : signalez. Le 33 700 pour un SMS ou un appel frauduleux, 17Cyber.gouv.fr si vous êtes victime de cybermalveillance, et un dépôt de plainte au commissariat ou à la gendarmerie.
- Si c’est un faux, geste 4 : prévenez l’étude réellement usurpée, si un nom d’étude existant a été utilisé. Elle a intérêt à le savoir et peut vous confirmer par écrit qu’elle ne vous a rien envoyé.
- Si c’est un faux, geste 5 : si vous avez déjà payé, faites opposition auprès de votre banque immédiatement, puis engagez la contestation.
- Si c’est authentique, geste 1 : repérez le délai qui court. Chaque acte porte le sien, imprimé dessus. L’opposition à une injonction de payer, par exemple, se forme dans le mois.
- Si c’est authentique, geste 2 : demandez la copie du titre exécutoire et le décompte détaillé, par lettre recommandée avec avis de réception.
- Si c’est authentique, geste 3 : vérifiez la dette elle-même. Le montant, la ventilation, et l’identité du créancier si la créance a été cédée à un tiers.
- Si c’est authentique, geste 4 : contestez devant le juge de l’exécution si vous avez un motif, en gardant en tête l’article 114 du code de procédure civile. Un vice de forme se plaide avec un grief démontré.
- Si c’est authentique, geste 5 : demandez des délais de paiement, avec vos justificatifs de ressources, plutôt que de laisser courir.
Vérification 3
Acte signifié, avis de passage, e-mail : ce qui vaut signification et ce qui n’en est pas une
Si personne ne peut ou ne veut recevoir la copie de l’acte, et si les vérifications du commissaire de justice, mentionnées dans l’acte, établissent que vous demeurez bien à l’adresse indiquée, la signification est faite à domicile. Un avis de passage est alors laissé, indiquant que la copie doit être retirée dans le plus bref délai à l’étude, contre récépissé ou émargement, par vous-même ou par une personne spécialement mandatée. La copie est conservée à l’étude pendant trois mois ; passé ce délai, le commissaire de justice en est déchargé (article 656 du code de procédure civile).
C’est là qu’intervient la phrase « acte important à vous remettre », que beaucoup recopient dans un moteur de recherche parce qu’elle est imprimée sur l’avis. Un vrai avis de passage nomme l’étude, donne son adresse et ses horaires, et vous dit d’aller y retirer une copie. Il ne demande jamais de payer, ne contient pas de lien, et ne vous met pas en demeure de rappeler un numéro surtaxé. Un tract déposé dans une boîte aux lettres, sans nom d’étude et avec un seul numéro de téléphone, n’est pas un avis de passage.
Le mythe à enterrer maintenant : « un vrai huissier n’envoie jamais d’e-mail ». On lit cette phrase partout, elle est fausse, et s’y fier peut vous faire ignorer un acte réel. Le code est explicite : la signification est faite sur support papier ou par voie électronique. Un jugement établi numériquement peut d’ailleurs être signifié au format papier, le commissaire de justice éditant une copie et certifiant sa conformité au jugement numérique (article 653 du code de procédure civile, version en vigueur depuis le 1er septembre 2025).
La vraie règle est bien plus discriminante, et personne ne la donne. La signification par voie électronique n’est valable que si vous y avez consenti, et l’acte de signification doit porter mention de ce consentement. Ce consentement est préalable et inscrit dans un registre tenu par la Chambre nationale des commissaires de justice, registre qui n’est pas public. De plus, si vous n’avez pas pris connaissance de l’acte le jour de la transmission, elle vaut signification à domicile et le commissaire de justice doit vous aviser le premier jour ouvrable, par lettre simple, en indiquant la délivrance par voie électronique, la nature de l’acte et le nom du requérant (article 662-1 du code de procédure civile).
Donc, si vous n’avez jamais donné ce consentement, l’e-mail ou le SMS que vous avez reçu n’est pas une signification. Non pas parce qu’un huissier n’envoie pas d’e-mails, mais parce que le consentement manque. Cette formulation-là se vérifie ; l’autre non.
Dernière idée reçue, plus banale : un courrier d’huissier doit-il être recommandé ? Non. Une signification n’est pas une lettre recommandée, et l’absence de recommandé ne prouve rien, dans un sens comme dans l’autre. C’est le mode de délivrance décrit dans l’acte lui-même qui compte, pas l’affranchissement de l’enveloppe.
Vérification 4
Le titre exécutoire : la liste est fermée, mais un titre peut naître sans juge
Le code ne dit pas « constituent notamment », il dit « seuls constituent des titres exécutoires », puis il énumère. On y trouve les décisions des juridictions judiciaires ou administratives exécutoires et les accords auxquels elles ont conféré force exécutoire, les actes et jugements étrangers déclarés exécutoires, les extraits de procès-verbaux de conciliation signés du juge et des parties, les actes notariés revêtus de la formule exécutoire, la convention de divorce par consentement mutuel déposée au rang des minutes d’un notaire, le titre délivré par le commissaire de justice en cas de non-paiement d’un chèque ou en cas d’accord entre créancier et débiteur, les titres délivrés par les personnes morales de droit public qualifiés comme tels par la loi, et le titre délivré par le greffier du tribunal de commerce en application de l’article L126-4 (article L111-3 du code des procédures civiles d’exécution, version en vigueur depuis le 25 avril 2026). Une lettre de relance n’est pas dans cette liste. Une mise en demeure non plus.
Vient ensuite le retournement que le web oublie, et il compte autant que le reste de la page. On lit partout « un huissier ne peut rien sans titre exécutoire », et on s’arrête là. C’est incomplet, et l’incomplétude peut vous faire conclure à tort que vous tenez un faux. Un commissaire de justice peut détenir un titre exécutoire sans qu’aucun juge n’ait jamais vu votre dossier.
La procédure simplifiée de recouvrement des petites créances le permet : pour une créance de cause contractuelle ou résultant d’une obligation de caractère statutaire, inférieure à un montant fixé par décret, le commissaire de justice qui a reçu l’accord du créancier et du débiteur sur le montant et les modalités du paiement délivre, sans autre formalité, un titre exécutoire. Vous disposez d’un mois pour répondre à l’invitation à participer ; votre silence vaut refus et met fin à la procédure (article L125-1 du code des procédures civiles d’exécution, version en vigueur depuis le 25 avril 2026). Retenez la conséquence pratique : votre accord, donné vite pour avoir la paix, peut créer le titre qui permettra ensuite de saisir.
Une seconde voie existe depuis avril 2026, mais elle ne concerne pas les particuliers. La loi n° 2026-307 du 23 avril 2026 a créé une procédure de recouvrement des créances commerciales incontestées, réservée aux relations entre commerçants : un commissaire de justice signifie une demande de paiement, le débiteur dispose d’un mois pour contester, et à défaut de paiement comme de contestation un procès-verbal de non-contestation est dressé, auquel le greffier du tribunal de commerce appose la force exécutoire après contrôle de régularité. La loi a créé cette procédure ; ses modalités d’application relèvent d’un décret. Si vous êtes un particulier, elle ne vous concerne pas.
D’où le geste central de cette page : demandez la copie du titre. Quatre lignes suffisent. Accusez réception du courrier en rappelant sa date et sa référence ; demandez la copie du titre exécutoire qui fonde la créance, avec la juridiction ou l’autorité qui l’a délivré et sa date ; demandez le décompte détaillé distinguant le principal, les intérêts et les accessoires ; rappelez que les frais de recouvrement entrepris sans titre exécutoire restent à la charge du créancier en application de l’article L111-8 du code des procédures civiles d’exécution. Envoyez en recommandé avec avis de réception, gardez une copie. Ce courrier ne reconnaît pas la dette : il demande la preuve.
Limites
Ce que cette page ne peut pas vous dire
Elle ne peut pas vous dire si vous devez cette somme. Elle vérifie qui vous écrit et avec quels pouvoirs. Elle ne juge ni l’existence, ni le montant de la dette.
Elle ne peut pas vous donner un délai de prescription. Le temps pendant lequel une somme peut vous être réclamée dépend de la nature de la créance et de l’existence d’un titre exécutoire. Nous ne publions pas un chiffre unique ici, parce qu’il serait faux dans une bonne partie des cas. C’est une question à poser sur votre dossier précis.
Elle ne vous dira pas si votre acte est nul. L’article 114 du code de procédure civile impose de démontrer un grief, ce qui suppose de lire l’acte entier et de connaître la procédure en cours.
Voyez un avocat, et vite, si une saisie est déjà engagée, si une audience est fixée, si votre logement ou votre salaire sont visés, ou si le montant est important au regard de vos ressources. Cette page est une information juridique générale, vérifiée sur les textes en vigueur au 8 août 2026 ; elle ne remplace pas une consultation. Si le coût vous inquiète, l’aide juridictionnelle existe.
Les textes cités
- Article 648 du code de procédure civile (Légifrance) — Les mentions que tout acte de commissaire de justice doit porter, et la phrase finale « Ces mentions sont prescrites à peine de nullité ». Texte lu le 8 août 2026.
- Article 114 du code de procédure civile (Légifrance) — La nullité pour vice de forme suppose la preuve du grief causé par l’irrégularité. Le garde-fou contre la fausse promesse d’annulation automatique. Texte lu le 8 août 2026.
- Article 653 du code de procédure civile (Légifrance) — La signification est faite sur support papier ou par voie électronique. Version en vigueur depuis le 1er septembre 2025 (décret n° 2025-619 du 8 juillet 2025).
- Article 656 du code de procédure civile (Légifrance) — Signification à domicile, contenu de l’avis de passage, retrait de la copie à l’étude et conservation pendant trois mois. Texte lu le 8 août 2026.
- Article 662-1 du code de procédure civile (Légifrance) — La signification électronique n’est valable qu’avec votre consentement, mentionné dans l’acte, et l’avis par lettre simple le premier jour ouvrable. Texte lu le 8 août 2026.
- CNCJ, signification électronique pour les particuliers — Confirme que le consentement du particulier est préalable et inscrit dans un registre non public tenu par la Chambre nationale (plateforme SECURACT). Consulté le 8 août 2026.
- Article L111-3 du code des procédures civiles d’exécution (Légifrance) — « Seuls constituent des titres exécutoires » : la liste fermée. Version en vigueur depuis le 25 avril 2026.
- Article L111-8 du code des procédures civiles d’exécution (Légifrance) — Les frais de recouvrement entrepris sans titre exécutoire restent à la charge du créancier ; toute stipulation contraire est réputée non écrite. Texte lu le 8 août 2026.
- Article R124-1 du code des procédures civiles d’exécution (Légifrance) — Champ d’application du recouvrement amiable, avec l’exclusion de ceux qui y procèdent au titre de leur statut professionnel. Texte lu le 8 août 2026.
- Article R124-4 du code des procédures civiles d’exécution (Légifrance) — Les cinq mentions obligatoires de la lettre d’une société de recouvrement, dont la reproduction des alinéas de L111-8 sur les frais.
- Article L125-1 du code des procédures civiles d’exécution (Légifrance) — Procédure simplifiée des petites créances : titre exécutoire délivré sans juge, sur accord du créancier et du débiteur, sous un montant fixé par décret. Version en vigueur depuis le 25 avril 2026.
- LOI n° 2026-307 du 23 avril 2026 (créances commerciales incontestées) — Crée les articles L126-1 à L126-6 du code des procédures civiles d’exécution, entre commerçants. Modalités d’application renvoyées à un décret ; la page ne prétend pas que la procédure est opérationnelle.
- Article 25 de l’ordonnance n° 2016-728 du 2 juin 2016 (Légifrance) — Réunion des deux professions au 1er juillet 2022 et cessation d’exercice au 1er juillet 2026 des professionnels ne remplissant pas les conditions de formation.
- Article 433-17 du code pénal (Légifrance) — Usage sans droit d’un titre attaché à une profession réglementée : un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende. Texte lu le 8 août 2026.
- Articles A444-11 à A444-33 du code de commerce, tarifs réglementés (Légifrance) — La section qui fixe les tarifs des actes. Aucun montant n’est repris sur cette page : ils se lisent article par article sur le texte à jour.
- CNCJ, annuaire national des commissaires de justice — L’annuaire officiel à opposer au nom imprimé sur le courrier. Rappelez toujours l’étude sur le numéro de l’annuaire, jamais sur celui du courrier. Consulté le 8 août 2026.
- CNCJ, service Verifiban — Service public et gratuit qui vérifie qu’un IBAN correspond bien à une étude de commissaire de justice, à partir du nom de l’étude, de l’IBAN et du libellé du compte. Consulté le 8 août 2026.
- Service-public.gouv.fr, société de recouvrement (F35106) — La société de recouvrement ne peut pas vous facturer les frais qu’elle engage et n’a aucun pouvoir de contrainte. Fiche vérifiée le 21 août 2025.
- Service-public.gouv.fr, commissaire de justice (F2158) — Missions, fusion des professions au 1er juillet 2022 et renvoi aux tarifs réglementés du code de commerce. Fiche vérifiée le 9 juillet 2025.
- Service-public.gouv.fr, procédure simplifiée de recouvrement (F1746) — Absence de juge, délai d’un mois pour répondre, silence valant refus, délivrance du titre par le commissaire de justice. Fiche vérifiée le 6 février 2026.
- INC, que faire si vous recevez la visite d’un commissaire de justice — Contenu de l’avis de passage, délai d’un mois pour former opposition à une injonction de payer, interdiction de menacer d’une saisie en phase amiable. Fiche vérifiée le 6 novembre 2025.
- INC, une société de recouvrement me réclame des frais — Reproduit les alinéas de L111-8 que la lettre doit contenir et fournit un modèle de contestation des frais. Page du 17 février 2025.
- DGCCRF, recouvrement amiable de créances : les règles à connaître — Fiche réglementaire de référence sur le recouvrement amiable, mise à jour le 24 octobre 2025.
- DGCCRF, SMS et appels indésirables : le 33 700 — Le canal officiel de signalement d’un faux SMS ou d’un appel frauduleux.
- Police nationale, 17Cyber.gouv.fr — Le guichet officiel pour les victimes de cybermalveillance.
- Ministère de la justice, le commissaire de justice — Définition officielle de la profession : signification des actes, exécution des décisions, recouvrement, ventes aux enchères.
Questions fréquentes
Comment cette page a été produite
- Corpus consulté
- Légifrance (textes en vigueur au 8 août 2026), service-public.gouv.fr, INC, DGCCRF, Chambre nationale des commissaires de justice (annuaire et Verifiban), ministère de la justice.
- Méthode
- Rédaction assistée par IA, chaque article lu un par un sur la source primaire avant publication. Les faits qui n’ont pas pu être vérifiés sur le texte, notamment le seuil chiffré de la procédure simplifiée et les durées de prescription, ne sont pas publiés. Revue trimestrielle.
- Responsabilité éditoriale
- Responsable de la publication : AlphaDeep
- Dernière vérification
- 08/08/2026
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