Vérificateur d’éligibilité · agents publics
Protection fonctionnelle : un droit, trois motifs de refus, une demande écrite
Tout agent public — titulaire, stagiaire, contractuel, même ancien agent — victime d’agression, de menaces, d’outrages, de diffamation ou de harcèlement à raison de ses fonctions a droit à la protection fonctionnelle de son employeur public (articles L134-1 et L134-5 du code général de la fonction publique) : prise en charge des frais d’avocat, réparation du préjudice, mesures de protection immédiates. La demande est écrite ; le silence gardé deux mois vaut refus, contestable devant le tribunal administratif. Seuls trois motifs de refus existent : absence de lien avec les fonctions, faute personnelle, ou un motif d’intérêt général strictement apprécié.
Vérifié au 26/08/2026 · sources Légifrance et service-public.fr · information juridique générale, pas une consultation
Le vérificateur : statut × faits → droit, destinataire, demande
Quatre réponses suffisent : votre statut, votre versant, les faits, leur lien avec les fonctions. Le verdict s’affiche avec le texte qui l’impose, le destinataire exact de la demande, et le squelette prêt à adapter. Rien n’est enregistré.
Renseignez votre statut, votre versant et les faits : le verdict — droit, refusable ou exclu — s’affiche ici avec le destinataire de la demande.
| Qui | Faits couverts | Verdict | Base |
|---|---|---|---|
| Titulaire, stagiaire, contractuel — tout versant | Violences, menaces, outrages, injures, diffamation, harcèlement, à raison des fonctions | Droit à protection | L134-1 + L134-5 |
| Idem | Harcèlement venant de la hiérarchie elle-même | Droit — demande à l’autorité supérieure | L134-5 ; CE Hoenheim |
| Idem | Poursuites pénales ou civiles pour un acte de service, sans faute personnelle | Droit — défense prise en charge | L134-3 et L134-4 |
| Ancien agent | Faits liés aux anciennes fonctions | Droit — demande à l’ancien employeur | L134-1 |
| Conjoint, partenaire, concubin, enfants, ascendants | Atteintes subies du fait des fonctions de l’agent | Droit, pour leurs propres instances | L134-7 |
| Vacataire, collaborateur occasionnel | Faits liés à la mission | Droit (principe général du droit) | jurisprudence CE |
| Police nationale, police municipale, sapeurs-pompiers | Faits de service | Régime renforcé | L134-11 → CSI L113-1 |
| Tout agent | Faits sans lien avec les fonctions, ou faute personnelle détachable | Exclu | L134-1 et L134-2 |
Ce que l’employeur doit
Les trois volets de la protection — et qui paie quoi
Les frais d’avocat, à votre choix
Vous choisissez librement votre avocat ; l’administration prend en charge les honoraires et frais de procédure, peut conventionner avec le conseil et le régler directement, et peut plafonner au raisonnable (décret n° 2017-97 du 26 janvier 2017). Demandez la protection AVANT d’engager les frais : la prise en charge rétroactive se négocie mal.
La réparation du préjudice — sans attendre le procès pénal
La collectivité « répare, le cas échéant, le préjudice » : corporel, matériel, moral. Elle peut vous indemniser avant toute condamnation de l’auteur, puis se retourne contre lui — elle est subrogée dans vos droits et dispose même d’une action directe devant la juridiction pénale (article L134-8). Peu d’agents le savent : c’est pourtant le volet le plus concret.
Les mesures immédiates en cas d’urgence
En cas de risque manifeste d’atteinte grave à l’intégrité physique, la collectivité prend « sans délai » des mesures conservatoires : mise à l’abri, changement d’affectation de l’auteur, accompagnement. La protection ne se réduit pas à l’avocat — elle peut et doit être organisationnelle.
Points fins
Délais, cumuls, cas limites
- Aucun délai légal pour demander — mais deux limites pratiques : la prescription quadriennale des créances publiques pour le volet indemnitaire (loi du 31 décembre 1968), et la difficulté de faire prendre en charge des frais déjà engagés. Demandez tôt.
- La protection se cumule avec la déclaration d’accident de service (CITIS) : objets différents — l’un couvre la santé et le traitement, l’autre la défense et la réparation. Activez les deux.
- Menaces et diffamation en ligne : l’article L134-5 couvre expressément les menaces, injures et diffamations, y compris sur les réseaux sociaux. Captures d’écran horodatées, constat le cas échéant, et la demande peut inclure le signalement et le retrait des contenus.
- Les proches (conjoint, partenaire, concubin, enfants, ascendants) bénéficient de la protection pour les instances qu’ils engagent contre les auteurs d’atteintes subies du fait de vos fonctions (L134-7).
- Le refus implicite se forme au terme de deux mois de silence (les demandes des agents font exception au « silence vaut acceptation », article L231-4 du CRPA) ; le recours au tribunal administratif se forme dans les deux mois suivants, avec référé-suspension possible si un procès approche.
Exemple complet
Professeure agressée par un parent d’élève : le parcours pas à pas
Une professeure est prise à partie puis bousculée par un parent d’élève à la sortie du collège. Même hors de l’enceinte et hors des heures de cours, le lien fonctionnel est acquis : les faits la visent en sa qualité d’enseignante. Elle adresse sa demande écrite de protection fonctionnelle au recteur, par la voie hiérarchique — copie au chef d’établissement — sans attendre d’avoir déposé plainte : les deux démarches sont indépendantes et cumulables, et l’administration ne peut pas conditionner la protection au dépôt de plainte.
L’État doit alors prendre en charge son avocat (décret 2017-97), peut l’indemniser de son ITT et de son préjudice moral avant même le jugement pénal, puis se retourner contre l’agresseur (L134-8). Au pénal, l’agression d’une personne chargée d’une mission de service public est une circonstance aggravante (article 222-13 du code pénal) et l’outrage un délit autonome (article 433-5). Si le rectorat garde le silence deux mois, ce silence vaut refus — les relations entre l’administration et ses agents font exception au principe « silence vaut accord » — et ouvre deux mois de recours devant le tribunal administratif, précédés au besoin d’un recours gracieux qui proroge le délai.
Le refus, lui, doit être écrit, motivé, et n’est légal que dans trois cas : absence de lien avec les fonctions, faute personnelle, ou un motif d’intérêt général — une exception que le Conseil d’État manie restrictivement depuis sa décision de Section du 14 février 1975 (Teitgen). Un refus illégal est fautif et engage la responsabilité de la collectivité : ne classez jamais un refus sans le faire relire.
Les textes cités
- Code général de la fonction publique, art. L134-1 à L134-12 — Légifrance — Le chapitre « Protection dans l’exercice des fonctions », en vigueur depuis le 1er mars 2022 (ex-article 11 de la loi du 13 juillet 1983).
- Décret n° 2017-97 du 26 janvier 2017 (prise en charge des frais) — Légifrance — Conditions de prise en charge des frais d’avocat : libre choix, convention d’honoraires, règlement direct, plafonnement.
- Service-public.gouv.fr — Protection d’un agent public agressé dans le cadre du travail (F32574) — La fiche officielle : demande écrite, contenu de la protection, absence de délai légal.
- DGAFP — Guide de la protection fonctionnelle des agents publics — Le guide doctrinal de référence de la direction générale de l’administration et de la fonction publique.
- DGAFP — Stats Rapides : les agents publics victimes de violences (mai 2026) — 16 % des agents publics victimes de violences dans le cadre du métier ; une plainte déposée dans 9 % des cas seulement.
- Conseil d’État, Section, 14 février 1975, Teitgen — Le refus de protection pour motif d’intérêt général, exception d’interprétation stricte.
Questions fréquentes
Comment cette page a été produite
- Corpus consulté
- Légifrance (code général de la fonction publique, décret n° 2017-97, CRPA ; texte en vigueur au 26 août 2026), service-public.gouv.fr, DGAFP (guide et Stats Rapides 2026), jurisprudence du Conseil d’État
- Méthode
- Rédaction assistée par IA, vérifiée article par article contre les sources primaires. Les décisions du Conseil d’État citées sans numéro le sont par leur nom et leur date uniquement lorsqu’elles ont pu être recoupées.
- Responsabilité éditoriale
- Responsable de la publication : AlphaDeep
- Dernière vérification
- 26/08/2026
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